Fisca-Flash ‘ des oublies trop souvent

Garderie à 7 $… ou pas?

Les femmes qui ont un revenu moindre auront tendance à penser que les garderies à 7 $ sont plus avantageuses. « J’ai un gros bémol sur le sujet. Selon moi, plus notre revenu est bas, plus c’est avantageux de payer le 25 $ ou le 30 $ par jour, surtout si notre salaire est inférieur à 50 000 $ par année »,

« Si on débourse 7 $ par jour, on n’est pas admissible au crédit d’impôt remboursable du gouvernement du Québec. De plus, on réduira le revenu imposable de seulement 7 $ au fédéral. Selon moi, quand on paye de 25 à 30 $ par jour pour la garderie, on réduit notre revenu imposable de 25 ou 30 $ par jour. En réduisant notre revenu imposable, les prestations fiscales reçues sont plus élevées. De plus, les prestations fiscales pour enfants et soutien pour enfant seront plus élevées. Ensuite, la cliente sera admissible au crédit d’impôt pour les frais de garde du gouvernement du Québec »,

« Souvent, les clientes ont peur de payer ce montant quotidien. Mais, fiscalement, ça vaut la peine. Si les clientes sont salariées, elles peuvent demander directement une réduction fiscale sur leur paye au fédéral. Au provincial, elles peuvent recevoir des crédits d’impôt anticipés. Avant, ces crédits étaient remboursés trimestriellement. Aujourd’hui, les remboursements sont mensuels. C’est juste le premier mois qui sera le plus difficile financièrement »,

Mais attention. Cette stratégie n’est pas profitable à tous les clients. « La garderie à 7 $, ça devient avantageux pour les plus riches, ceux qui gagnent plus de 130 000 $, . Les plus pauvres ont avantage à payer plus chaque jour ».

Petits conseils fiscaux

Certains faits fiscaux sont souvent ignorés ou mal connus des clients, et il peut parfois être avantageux pour leurs finances de les leur rappeler.

Les personnes à charge
Les gens ont tendance à penser qu’il faut avoir vécu toute l’année avec un enfant pour avoir droit au crédit d’impôt fédéral pour personne à charge admissible. « Au contraire, s’ils ont vécu seuls avec un enfant à un certain moment au cours de l’année, ils ont droit au crédit d’impôt. C’est un montant assez important, surtout pour une cliente monoparentale. Certains clients qui font leur déclaration de revenus seuls vont penser qu’il faut avoir vécu toute l’année avec cette personne à charge, alors que ce n’est pas vrai », Les reçus de frais de garde

Il vaut mieux payer directement à la garderie la moitié des frais de garde plutôt que de rembourser le père de ses enfants. « J’ai vu des situations où la femme me dit : “C’est mon ex-conjoint qui paye, mais je lui rembourse la moitié”. C’est une erreur! la cliente ne pourra pas les réclamer au gouvernement. C’est seulement le payeur qui pourra les réclamer sur sa déclaration de revenus. Il vaut donc mieux payer directement les frais à la garderie, afin de pouvoir les réclamer dans sa déclaration de revenus »,

Transférez vos revenus de dividendes

Si vous avez touché des dividendes d’actions de sociétés ouvertes (inscrites en Bourse) en 2011 et que votre revenu est faible (moins de 10 000 $), vous pouvez transférer vos revenus de dividendes à votre conjoint. Si son revenu est plus élevé que le vôtre, il pourra profiter d’un crédit d’impôt pour dividendes (qui varie selon le taux d’imposition). Ce qui, en fin de compte, réduira votre revenu et augmentera les déductions de votre conjoint.  » Ce choix ne peut porter que sur les dividendes imposables de sociétés canadiennes imposables « ,

Regroupez vos dons avec ceux de votre conjoint

Lorsque les dons d’un couple excèdent 200 $, il est avantageux de les combiner sur une seule déclaration de revenu. Les premiers 200 $ de dons donnent droit à un crédit de 15 % au fédéral (sujet à l’abattement de 83,5 % du Québec) et de 20 % au provincial, alors que tout excédent donne droit à un crédit de 29 % au fédéral (sujet à l’abattement de 83,5 %) et de 24 % au provincial. Sachez aussi que le don d’actions de sociétés inscrites en Bourse représente une stratégie intéressante, puisqu’elle permet d’éviter l’impôt de 50 % (multiplié par votre taux d’imposition) sur le gain en capital de ces actions.

Bien prévoir sa séparation est-ce possible ?

Une séparation ou un divorce est une cause d’appauvrissement pour la plupart des femmes. Encore aujourd’hui, ce sont les femmes qui ont souvent le plus bas salaire dans le couple et elles qui, dans la plupart des cas, héritent de la garde des enfants. Que faire après une séparation, alors que l’on a moins d’argent, mais autant de bouches à nourrir? .

Certaines choses peuvent être faites dès le départ pour faciliter la situation en cas d’éventuelle rupture. « Établir l’inventaire de chacun en début de relation, ça évite bien des problèmes après. Dans le cas des conjoints de fait, c’est prioritaire, parce qu’il n’y aura pas de partage du patrimoine à la séparation »,

Il est important que les couples s’entendent dès le départ. « Même si ce n’est pas ce qu’il y a de plus romantique, il faut en parler dès le début de la relation, se mettre d’accord sur la manière dont on sépare les choses et être à l’aise avec notre décision », explique-t-elle. Et que conseille-t-elle à ses clients? « Il n’y a pas de meilleures stratégies que d’autres. Je suggère à mes clients de séparer les dépenses du ménage selon le revenu de chacun. S’il y a un membre du couple qui gagne deux fois plus que l’autre, je pense qu’il est normal qu’il contribue aux dépenses du ménage deux fois plus. Il y a certaines petites choses comme ça sur lesquelles on peut s’entendre dès le début. »

Les conjoints de fait ont intérêt à reprendre tout ce qu’ont les couples mariés sur le plan du partage du patrimoine familial et à signer une convention de vie commune,  « Cette convention va dicter toutes les conditions et les éléments du partage lors d’une rupture. » Les conjoints de fait devraient s’accorder dès le début sur le partage du Régime de rentes du Québec, sur les transferts de biens et de propriétés et sur les roulements automatiques, s’il y a lieu. « Il peut arriver que les roulements automatiques se fassent à la valeur marchande, mais si c’est le cas et qu’on estime qu’il y aura un impact fiscal à payer, il faudrait que les conjoints s’entendent à l’avance sur la manière dont ils diviseront le paiement sur la plus-value au moment de la séparation »,

Il est important que le couple s’entende dès le début de la relation. Sinon, les conséquences de la séparation vont devenir plus difficiles. « Prenons l’exemple d’une propriété qui appartient seulement à l’un des conjoints. L’autre participera aux dépenses des ménages et à l’enrichissement de la maison pendant la relation. Si les conjoints se sont entendus dès le départ sur une compensation financière sur la plus-value de la propriété pendant la relation pour le conjoint qui n’est pas propriétaire, c’est plus facile. Sinon, l’autre doit démontrer après la séparation qu’il a contribué aux dépenses, ce qui est beaucoup plus difficile à prouver »,

Souvent, dans un couple, un des deux conjoints va prendre le contrôle des finances du ménage. « Il faut que l’autre, qui s’occupe moins de l’aspect financier du couple, soit au courant, qu’il sache où sont les documents, notamment en ce qui concerne les placements, qu’il sache où se trouvent les déclarations de revenus, les testaments, etc. Il est important de toujours jeter un coup d’œil sur les placements, les emprunts et d’être au courant de tout. C’est beaucoup moins stressant quand arrive une séparation, ou la perte du conjoint, puisqu’on sait quelle est notre situation financière. »

Les premières choses à faire

La première chose à faire après une séparation, c’est d’avertir les gouvernements du changement de situation familiale. « J’ai souvent vu des femmes qui n’ont pas fait leurs changements auprès des gouvernements, pour les prestations fiscales, le crédit pour le soutien aux enfants, le crédit de solidarité, le crédit pour la TPS, etc. Très souvent, ces clientes ou leur ex-conjoint se sont retrouvés avec une facture du gouvernement lui réclamant des montants qu’ils auraient reçus en trop. Si ces clientes ne font pas leurs changements assez rapidement, elles le paieront à un certain moment. C’est vraiment à leur avantage de le faire, parce que sinon, c’est peut-être l’ex-conjoint qui recevra les chèques à leur place. »

Dans le cas d’un couple marié, il faut avertir les gouvernements lors du premier mois suivant la séparation. Dans le cas des conjoints de fait, il faut attendre 90 jours avant de les aviser. « Pour une femme monoparentale, cela peut faire toute une différence, puisque les prestations seront calculées selon son revenu individuel. Et comme les femmes gagnent souvent moins que les hommes, elles pourront aller chercher beaucoup d’argent ainsi »,Une de mes clientes a bénéficié grandement de ce revenu supplémentaire. « Ma cliente gagnait 22 000 $ par année et son ex-conjoint, 60 000 $. Depuis qu’ils sont séparés, elle n’arrête pas de recevoir des chèques et elle m’appelle pour être certaine qu’elle a droit à tout cet argent! Comme les calculs sont désormais basés sur son revenu individuel, les chèques sont plus élevés qu’auparavant. »Les parents sont tenus d’avertir les gouvernements de tout changement quant à la garde des enfants. Encore une fois, ça permet d’éviter des factures parce qu’on a reçu trop d’argent.

Une fois que ces changements fiscaux ont été effectués, il faut s’assurer de fermer tous les comptes conjoints et de réenregistrer les actifs (immobilier, placements, etc.) au nom des bonnes personnes,  « De plus, la cliente n’est pas obligée de conserver les mêmes prêts. Une séparation est le bon moment de renégocier les emprunts, de fermer certaines facilités de crédit »,

Et naturellement , tout ca demande une bonne dose de ‘courage’ et d’ouverture d’esprit du couple !